Le baby blues : un passage obligé ?

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Le baby blues : un passage obligé ?

Je ne savais pas comment cela se manifesterait, ni même si j’allais y avoir droit. Si c’était un coup de déprime, un moment de profonde tristesse ou l’apparition de doutes sur notre capacité à être mère. De ce que j’ai lu, cela est essentiellement dû à la chute des hormones qui survient aux alentours du 3ème jour après l’accouchement. Je n’ai pas vécu un mal être comme j’ai pu lire parfois mais j’ai eu des passages à vide que je vais aujourd’hui partager avec vous, chères lectrices.

Le syndrome du ventre vide :

J’avais lu un article touchant sur le blog The New Chic qui parlait du poids de grossesse pour les femmes minces. Et cela m’a beaucoup touché car je me suis reconnue dans ce qu’elle disait. J’ai eu cette sensation de ne pas pouvoir me plaindre car je n’ai pas pris énormément et 3 semaines après j’ai quasiment retrouver mon poids et ma ligne sans trop d’efforts (cela ne m’a pas empêché de refaire ma garde robe, on ne se refait pas).  Mais cette perte rapide de kilos m’a quelque peu pertubé : en un temps record, je n’avais plus de trace de cette grossesse. C’était comme si rien de s’était passé, les gens me demandaient constamment si j’avais réellement accouché (oui je m’en souviens encore) et cela me mettait hors de moi. J’aurai voulu garder encore un peu de ses 9 mois mais la nature en a décidé autrement. Parce que c’était un doux souvenir, une belle symbiose que j’aurai voulu prolonger encore et encore.

La solitude du congé maternité :

J’ai été seule à la maison dès mon congé pathologique et j’ai été en MAP la semaine d’après (3 semaines allongée). Et les journées furent très longues – alitée – puis avec la petite au début le temps que mon mari prenne son congé paternité. Bizarrement, c’était lorsqu’elle dormait, que je me retrouvais seule à rien faire que j’étais désespérée. Je n’avais plus de routine, je n’osais pas faire ma manucure, je culpabilisais presque d’avoir du temps pour la faire. Je m’étais préparée à être ultra débordée, à ne plus avoir du temps pour moi, à avoir ma maison sans dessus dessous et finalement il n’en est rien. J’ai toujours les mêmes habitudes sauf qu’elles sont calées sur ma fille. J’ai un bébé assez adorable à part les pleurs du soirs (je consacrerai un article à part entière), elle n’est pas très difficile. Je peux faire mon repassage, mon ménage tranquillement, ranger encore et encore mon dressing ou trier ses petites affaires sans craindre qu’elle se réveille. Tout est toujours prêt à l’avance : son bain, son sac si on sort et même les couches pour les levers nocturnes.

Alors quand je prends mon thé seule le matin, dans le calme le plus complet : j’ai le coeur qui serre. Pas d’amies, pas de famille pas le moindre message sur mon téléphone … et je reprends le boulot qu’au mois de septembre. Je ne peux partager cette maternité avec une personne du 21ème siècle (oui les conseils de ma mère et ma belle-mère qui datent des années 80 j’ai ma dose). Je rêve de boire un mojito en terrasse pour papoter mais pour l’instant mon petit rhum c’est chez moi que je le bois.

L’intrusion des autres :

Ah les réflexions de son entourage, c’est la partie la plus croustillante. D’autant plus que je devais garder mon calme car je serai fâchée avec pas mal de monde depuis la naissance de ma fille. Entre le classique « ne la porte pas elle va s’habituer » ou encore « laisse-la pleurer ça lui fait les poumons » : j’en aurai tuer plus d’un. Il y avait de quoi me déprimer surtout le premier jour où j’étais encore fébrile … Puis, ma franchise légendaire est revenue au galop et dès la deuxième semaine j’ai mis le holà sur pas mal de choses et ça m’a fait du bien. Bref, c’est fou le nombre de personnes qui s’intéresse à ta vie quand tu as un enfant ! N’empêche que vu l’accouchement express que j’ai eu et la fatigue physique dans laquelle je me trouvais : je n’étais pas d’humeur à écouter ce genres de remarques.

Cela a duré quelques jours … où j’ai pleuré essentiellement de me retrouver seule et ce avec ou sans bébé. C’était une sorte de « manque » que j’ai ressenti plus qu’un mal être à proprement parlé. Ce n’était absolument pas à cause de la maternité, c’était un trop plein de sentiments que j’avais besoin d’évacuer. J’avais envie de rentrer chez moi à La Réunion, de voir des visages familiers, de manger autre chose que des légumes et pouvoir admirer un coucher de soleil digne de ce nom.

Puis, la vie a repris son cours, j’apprends chaque jour à être maman avec tous ce que je représente. Je pense que l’on traverse plus ou moins une zone de turbulences avec l’arrivée d’un enfant au sein de notre foyer et chacune de nous le gère parce qu’il faut bien avancer … J’ai la chance d’avoir un mari qui est un vrai papa poule, ultra-présent pour sa fille et qui prend le relais pour me décharger un peu.

L’essentiel dans tout ça c’est que je ne regrette pas – absolument pas – de m’être lancée dans cette folle aventure quelqu’en soit les obstacles. La maternité a ce pouvoir d’alléger – pour ma part – quelque peu les peines que je porte depuis bien des années.

4 Commentaires
  • Et dans ces mots
    2 mai 2017 à 9 h 31 min

    Je trouve que ce que tu dis est très intéressant sur un point : ça diverge vraiment de ce qu’on entend d’habitude.
    Et je trouve ça rassurant. Je pense que c’est difficile à vivre aussi mais je pense qu’on s’y habitue plus facilement (surtout le côté désoeuvrée). Il faut nécessairement une période d’adaptation mais ça fait du bien d’entendre qu’on est pas obligée de passer par la case « je me trouve moche dans le miroir, j’ai pas une minute à moi, du vomi dans les cheveux et je ne vis que pour mon bébé ».

  • Picou
    2 mai 2017 à 12 h 00 min

    On parle beaucoup du baby blues, et aussi de la depression post partum plus pathologique, mais je crois que comme tu le racontes, même quand tout va « bien », il faut quand même un temps d’adaptation pas très drôle, où faire le deuil de sa grossesse. On s’enthousiasme pour ce bébé, mais il nous faut aussi du temps pour réussir à nous retrouver nous, entre ce corps d’après grossesse, cette attention constante et fusionnelle avec bébé, et ce nouveau rythme qu’on prend…pas facile tous les jours mais je crois qu’il s’agit d’une transition, d’un temps d’adaptation avant se prendre ses marques. Courage en tout cas!

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