Ma fille, mon héroïne … est née.

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Ma fille, mon héroïne … est née.

Je ne suis pas le genre de mère qui écrira que c’était quelque chose que j’attendais la maternité. Je ne suis pas de celle qui passe des heures à la contempler dormir et qui s’émerveille à chacun de ses gestes (sans critiquer celles qui le font). Je suis bien trop cérébrale pour ce genre de choses, elle fait partie de moi mais elle ne m’appartient pas. Comme on dit en créole « on fait l’enfant mais pas son coeur ». Je ne veux pas être celle qui décide, qui impose mais plutôt celle qui guide et accompagne. Je serai là du berceau à la tombe parfois dans l’ombre, toujours là car c’est un lien éternel qui nous unis à présent. Aussi, je peux écrire aujourd’hui que j’aurai regretté de ne pas avoir vécu cette grossesse. Je comprends à présent pourquoi on se lance parfois dans un combat pour avoir un enfant car c’est sans aucun doute une belle continuité dans nos vies.

La rencontre

Quand j’ai su que j’attendais une fille, j’ai eu une sensation étrange : je ne voulais pas qu’elle vive les mêmes souffrances que moi. Je ne voulais pas que l’histoire se répète et puis je me suis dit : j’ai pu m’en sortir alors pourquoi pas elle ? Elle grandira dans un cadre différent et j’ai eu le temps de me préparer à sa venue. Aussi la relation que j’entretiens avec ma mère est tellement précieuse que je n’ai plus peur. J’ai confiance en nous, en la vie et je suis persuadée que l’on pourra construire quelque chose de beau ensemble. Ce ne sera pas parfait mais ce sera vrai

Ma fille est née en 45 minutes il y a maintenant 15 jours à 38 semaines de grossesse, j’ai eu un accouchement parfait au delà de ce que je pouvais imaginer vivre. Sans péridurale, sans déchirures, sans épisiotomie : toute en sérénité. J’ai fait le plus gros du travail à la maison et je suis arrivée à l’hôpital ouverte à … 8 sans trop de difficultés.

Tout s’est enchaîné très vite, mon mari m’a coaché comme jamais car les dernières minutes ont été intenses sur l’échelle de la douleur et en deux poussées je l’ai eu sur moi. Ma fille. J’ai été très émue car je n’ai pas eu le temps de réfléchir, de me poser des questions,  je ne pensais pas que l’on pouvait accoucher si rapidement pour un premier bébé. J’ai versé ma petite larme d’émotion et d’épuisement : nous y sommes arrivées. Nous avons réussi à mener cette grossesse à terme, nous nous sommes fait confiance toutes les deux jusqu’au bout. Je suis contente de m’être laissée porter et de ne pas avoir « idéaliser » la grossesse et l’accouchement. Je n’avais pas d’attentes, je n’avais aucune idée du déroulement des choses, je n’avais pas spécialement de projet de naissance et tous les scénarios que je ne voulais pas : ne se sont pas produits … Ma sage-femme m’a félicité pour mon calme surtout face à la MAP et ce jusqu’à l’accouchement. Tout le personnel médical m’a encouragé, m’a rassuré que je pouvais y arriver ayant accompli la phase de travail la plus douloureuse seule chez moi. Elles ont été adorables, je ne pouvais pas tomber mieux.

Pour l’anecdote, elle née à l’heure précise où ma mère est rentrée de sa saison de travail pour m’accompagner dans la dernière ligne droite. Je lui avait demandé d’attendre sa mamie et elle l’a fait !

L’apprivoisemment

Je l’ai eu en peau à peau pendant près de deux heures. Elle était si petite (2,530 kgs) et je pensais très clairement ne pas pouvoir changer une couche ou la laver sans lui faire du mal. La première nuit, elle a été en nurserie pour pouvoir la nourrir à des heures fixes et pour que je puisse me reposer vu l’accouchement éclair que j’ai eu. Ensuite, je l’ai eu avec moi et les premières nuits ont été éprouvantes : je me suis retrouvée seule avec ce petit être humain qui attendait déjà tellement de moi. 

J’ai été véritablement désemparée face à ses pleurs, à ses cris que je peinais à identifier au début. Mais je ne me suis pas laissée démonter, je l’ai bercé, j’ai donné le biberon et j’ai chanté mes berceuses : j’ai fait ce que j’ai pu sans doute maladroitement. J’ai pris ce nouveau rôle très à coeur presqu’immédiatement en essayant de ne pas m’oublier et ce n’est pas très facile !

Arrivée à la maison, la première nuit a été catastrophique. Mon mari et moi-même, nous nous sommes relayés pour calmer bébé sans succés. Nous avons donc mis en place une organisation afin d’être plus efficace à l’avenir. Il y a encore des ratés mais on se soutient mutuellement et nous en sommes au même niveau d’épuisement. 

Certes, c’était un évènement que je ne pensais pas vivre mais cela ne fait pas de moi une mère moins impliquée. Je veille, je guette pour traduire au mieux ses besoins. Il y a des moments difficiles, des instants de doutes, mais cela vaut la peine d’être vécu au moins une fois (et c’est clairement la dernière pour nous). Je suis contente que tout soit enfin fini, que notre famille soit au complet et continuer à vivre notre quotidien avec une nouvelle habitante.

La page de ma grossesse se tourne donc définitivement. Elle s’est clôturée de la plus belle des manières et c’est un nouveau chapitre qui s’ouvre aujourd’hui : celui de la maternité. J’ai été très contente d’apporter mon témoignage car il a été très difficile de trouver des expériences où être enceinte rime avec épanouissement surtout pour une novice comme moi.

A toi ma fille, personne ne peut imaginer la force de mon amour pour toi, après tout tu es la seule à connaître le bruit que fait mon coeur de l’intérieur …

2 Commentaires
  • Flora
    27 avril 2017 à 14 h 24 min

    Encore une fois félicitations ! J’ai beaucoup aimé lire cet article, tant amour que ça dégouline de mon écran 🙂
    La maternité t’a ouvert grand les bras et je te souhaite de t’y épanouir.

    Gros bisous à tous les 3. <3

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