Doit-on planifier une grossesse ?

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Doit-on planifier une grossesse ?

Je t’ai laissé au moment où nous avions pris la décision d’avoir un bébé. J’ai donc souhaité faire les choses correctement et prendre le maximum d’informations pratiques et utiles avant de véritablement me lancer dans cette aventure totalement inconnue. Je suis une personne ultra-organisée et j’aime prévoir ce qui est prévisible tout en laissant une petite part à l’imprévu.

N’ayant personne dans mon entourage à qui me confier sur ce désir soudain, je me suis tournée en premier lieu vers le corps médical et c’est comme ça que j’ai pris un rdv avec ma gynécologue.

La visite pré-conceptuelle :

J’avais un rdv pris pour mon frottis début juin depuis l’année dernière déjà j’en ai donc profité pour poser mes questions. Il faut savoir que j’ai une gynécologue très franche : elle ne passe donc pas par 4 chemins pour ses diagnostics ce que j’apprécie … parfois.

Sur le plan médical : tout allait bien. Par contre elle me trouve trop maigre pour une grossesse  je pèse entre 49 et 50 kgs selon la période mais je franchis très rarement la barre des 50. Il faut savoir que c’est mon métabolisme de départ : je ne fais pas attention particulièrement à ce que mange et je n’ai d’ailleurs pas un grand appétit de manière générale. Je suis très vite rassasiée et surtout je me dépense énormément : je ne suis jamais assise au grand dam de mon entourage. Pour mon mariage je ne suis pas restée à table plus de 5  minutes à table  alors les pseudos kilos pris sont vite perdus avec moi ! Ma mère m’appelle tous les jours pour savoir si je suis bien en train de me reposer, si je ne porte rien, si je ne suis pas en train de traîner dans les magasins avec 40 sacs : dans notre culture c’est ainsi la femme enceinte ne doit rien faire … Je ferai peut-être un article sur les traditions réunionnaises autour de la grossesse ce serait drôle ! Bref, revenons donc à nos moutons !

Elle me prescrit de l’acide folique pendant 1 an car selon elle je ne serai pas enceinte avant la fin de l’année alors j’aurai de la réserve ! Aussi, elle me rappelle une chose qu’elle me répète à chaque entretien annuel : pour elle il n’existe pas de grossesse surprise et encore moins « d’accident », il y a toujours un désir même inconscient et me félicite d’envisager une grossesse avant 35 ans. Merci docteur, pour moi 28 ans c’est pas vieux non ? En même temps, je fais ce que je veux il me semble… et je respecte et comprends celles qui veulent attendre.

De cette visite assez expéditive, je n’en sors pas plus avancée mais pas frustrée non plus. Elle a répondu consciencieusement à toutes mes interrogations et m’a renvoyé vers d’autres professionnels en cas de grossesse car elle n’en fait pas le suivi. Tu verras par la suite que j’ai eu un suivi plus « complet » et cela ne m’a pas plu du tout !

L’arrêt de la contraception :

Je prends la pilule depuis l’âge de 17 ans et à chaque fois que je me retrouvais célibataire je l’arrêtais. Je n’ai pas eu de problème particulier, aucun effet secondaire, ni de dysfonctionnement hormonal.

Mes cycles ont toujours été très réguliers, à l’heure près alors je ne devrais pas avoir de souci à les retrouver. Surfant toujours sur le web à la recherche de témoignages, j’ai vite déchanté : parfois tout ne revient pas à la normale, parfois tu ne vois pas tes règles pendant des mois et parfois l’attente est insupportable.

Je ne voulais pas tomber dans cette parano, dans ce stress de savoir si ce mois-ci allait être le bon ou pas. La chance que j’ai eu c’est que je préparais mon mariage et j’étais donc sur d’autres tâches. J’essayais de ne pas trop y penser en me mettant en tête que j’allais sans doute bien ramer comme la majorité des couples dont j’avais lu l’expérience.

C’est bizarre mais ayant eu très peu de témoignages où tout se déroulait plus ou moins bien, j’ai préféré me dire que ça allait prendre du temps, qu’il fallait que mon cycle redevienne « normal » (en ne sachant pas tellement ce qui était anormal dans un cycle sous pilule). J’ai volontairement balayé l’éventualité que cela fonctionnerait du premier coup pour ne pas ressentir de la déception face à ce nouveau projet qui ne dépendait pas que de ma volonté malheureusement.

Ovulation / test / courbe de températures ou comment j’ai découvert toutes ses méthodes :

Il n’y a pas de secret, dans la conception il y a des périodes dans le mois plus favorables que d’autres et je n’en savais rien (en SVT j’ai dû avoir moins de 10 au bac : je suis une littéraire !). Entre copines on n’en parle jamais, on ne se pose pas la question de savoir quand est-ce qu’il faut passer à l’acte. Dans mon entourage, je n’ai jamais entendu de difficultés particulières pour avoir un enfant et on ne se pose d’ailleurs pas la question : on est tous censé pouvoir tomber enceinte. Mais il en est rien, puisqu’au fil de mes lectures et notamment sur le blog de Flora au plat pays j’ai pu constater par son article très touchant que cela n’était peut-être pas si simple que cela de concevoir un enfant de manière naturelle … Le désir ne suffit donc pas ? Je ne me voyais pas faire tous ses tests, je voulais réellement que tout soit le plus naturel possible et si je commençais à intégrer toutes sortes de paramètres : je n’allais pas m’en sortir.

Bref, je suis ressortie très perturbée de toutes mes lectures car je me suis retrouvée avec un trop plein d’informations pour une novice en maternité. Cela m’a foutu franchement la trouille : est-ce que j’étais réellement prête à me lancer là-dedans ? Vais-je avoir un parcours semé d’embûches ? A quoi devais-je me préparer encore ? Ce n’était pas simple ayant personne vers qui me tourner sur ce projet-bébé-alors-que-je-n’en-voulais-pas, j’étais perdue.

Comment ne pas réellement y penser ? Cela me semblait évident qu’il fallait plus ou moins « programmer » la conception pour maximiser les chances de réussite mais je ne pouvais me voir organiser ça ainsi. Ce n’était pas moi, ce n’était pas nous : la grossesse se planifie donc ? Je ne regrette pas ma décision de me lancer mais plutôt de mettre identifier à chaque expérience en ne prenant pas conscience que chaque femme est différente. Ce que je lisais n’allait pas forcément m’arriver car je ne peux prévoir à l’avance notre parcours.

J’ai donc enfin lâché prise et envisagé la conception de cet enfant comme une aventure dont j’acceptais totalement le caractère imprévisible. C’est-à-dire en ne sachant pas quand j’allais être enceinte ni même si j’allais l’être : j’aviserai à ce moment-là.

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