Le désir d’enfant inattendu …

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Le désir d’enfant inattendu …

C’était quelque chose d’acquis pour moi : je ne serai pas maman. Parce que je ne pourrai pas, parce que je n’ai pas le temps et surtout parce que j’aime trop les chaussures pour acheter des chaussons. Je ne m’étais jamais vue dans ce rôle de mère comme je ne me suis jamais vue en robe de mariée (et sur ce point j’ai tenu bon).

Mon entourage était au courant depuis toujours mais il espérait tous un déclic, un changement de dernière minute et je me rappellerai de la tête de ma belle-mère quand nous lui avons annoncé notre mariage et non pas une naissance. C’était fou comme certaines personnes peuvent être déçues d’un choix qui ne les concerne pas. Je m’efforce toujours de ne pas juger mon entourage quand il décide de quelque chose auquel je n’adhère pas forcément.

Je ne ressens pas de la peur face à la maternité, loin de là, je ne me sens pas incomplète sans avoir donné la vie, alors l’horloge biologique tournant à très grande vitesse, j’ai décidé de mettre à plat mes appréhensions pour prendre une décision définitive et être en accord avec celle-ci. Je ne voulais pas que ce souhait de non-maternité soit le résultat d’une blessure ou encore d’un quiproquo. Je voulais que cela vienne d’une décision profonde et personnelle bien que cela ne soit pas facile à assumer. La majorité de mes proches pense que c’est un choix purement égoïste, que c’est impossible de ne pas vouloir d’enfants, que cela fait partie de la vie etc. J’ai donc relevé les points qui me titillaient le plus et les voici :

 

Je suis d’une culture différente :

Je suis réunionnaise et mon mari métropolitain. Chez moi, c’était très très stricte. Ma mère c’était sa hantise de savoir qu’on pouvait être irrespectueux ou pire insolent. L’autorité parentale est éternelle, même à 28 ans  pour moi et 23 ans pour mon frère on ose la défier. On fait ce que l’on veut, elle respecte nos choix mais quand on dérive elle est toujours là pour nous rappeler à l’ordre. Chaque adulte avait le droit de nous réprimander si nous étions sous sa responsabilité et si c’était justifié.

Je ne veux pas le faire grandir dans un climat sans règles et sans cadrages. Dans l’éducation que l’on a reçue il y a forcément du tri à faire mais il y a des choses importantes à conserver alors comment choisir et saurai-je les transmettre dans un environnement si différent de la Réunion ?

J’accorde une place importante au travail :

Je vais peut-être me faire taper dessus mais je relate ici ma propre expérience. De par mon schéma familial, j’ai toujours vu ma mère travailler. Elle nous a élevé pour que nous soyons autonomes sans pour autant être absente. Elle était toujours présente à la sortie de l’école, aux fêtes de fin d’années, aux réunions parents/profs. Tout était toujours prêt à la maison mais elle nous montrait comment faire si un jour elle venait à s’absenter.

Par contre, si nous avions un emploi du temps différent du sien par exemple on sortait plus tôt au lycée ou autre : il était hors de question qu’elle s’adapte on se débrouillait toujours pour rentrer ou on attendait sagement qu’elle vienne nous chercher à la fin de son boulot. Le travail et la vie personnelle sont deux choses bien distinctes pour nous.

Mais arrivée en France métropolitaine et surtout dans ma structure j’ai vite compris que le planning se faisait en fonction de ses contraintes personnelles avant tout. Ceux qui n’ont pas d’enfants comme moi ne sont pas prioritaires. J’ai une collègue qui a refait son emploi du temps à deux reprises depuis le début de l’année parce que sa fille lycéenne a changé de groupe. Il m’arrive souvent de déjeuner seule parce que la plupart d’entre elles doivent chercher leurs enfants ou faire leurs courses entre midi et deux. Je me retrouve devant mon ordinateur à manger sans un mot avant d’assurer ma permanence d’accueil.

Je ne sais pas si je pourrai faire tant de jonglage. Je suis quelqu’un de très professionnelle, je me suis battue pour arriver là où je suis alors serai-je cruelle si j’ai envie de conserver une vie sociale ?

Je suis une chochotte :

Si c’est pour surmonter un chagrin d’amour, une trahison ou tout autre chose qui ne m’atteignent pas physiquement : je suis partante.

Mais dès que je vois une goutte de sang : ça y est je tourne l’œil c’est la fin … Alors comment imaginer un accouchement et pire encore si le petit tombe ? Vais-je pouvoir gérer ?

Pas si sûr en toute honnêteté ! Aussi, lisant avec assiduité les blogs maternité  je ne vois que très rarement un témoignage de grossesse sans symptômes désagréables même ma mère me terrifiait en me disant qu’elle avait atteint les 95kgs pour moi et qu’elle était malade comme un chien  jusqu’à la fin (et qu’il ne pouvait pas être autrement pour moi).

Je lisais de plus en plus de témoignages sur le fait de ne pas aimer « cet état de grossesse » avec son lot de symptômes, de doutes et de frayeurs. Et franchement, cela ne me donnait pas envie, c’était comme si je devais obligatoirement passer par cette case de « désagréments ». Pourquoi devrais-je être épargner d’ailleurs ?

J’ai donc pesé le pour et le contre pendant des mois sans que la balance ne pèse plus d’un côté ou de l’autre. Et puis un jour, j’ai entendu une phrase à la radio qui m’a immédiatement interpellé : « parfois le désir d’un enfant peut venir de l’autre »… oui et mon mari dans toute cette réflexion il avait tout de même son mot à dire. J’ai pris conscience que je devais lui parler de mes interrogations et surtout savoir si finalement je restais sur ma position qu’en pensait-il ? Il m’a rassuré en me disant qu’il me soutiendrait quelque soit ma décision , notre vie le comblait déjà.

Un matin, mes questions se sont dissipées. Je n’avais pas toutes les réponses, même encore aujourd’hui mais je me suis dit après tout la vie ne se déroule jamais comme on l’avait prévu alors cela ne sert à rien de maîtriser un évènement si … hasardeux : lance-nous et voyons comment je le vis !

Crédits photos : Pixabay.
13 Commentaires
  • Nunila
    21 décembre 2016 à 11 h 40 min

    Bonjour Eva,

    En lisant ton témoignage cela a fait echo sur ma grossesse tardive et finalement désirée !
    Alors contrairement à toi je me voyais maman un jour, mais je ne cessais de repousser le moment, je ne me sentais jamais prête, je n’avais pas ce désir irrépressible d’être mère. Pour mon mari idem, un jour mais on verra plus tard… notre vie était très bien comme ça. Notre entourage s’interrogeait beaucoup sans oser nous poser la question sachant qu’on est ensemble depuis de nombreuses années, cela commençait à faire long pour eux.
    L’âge avançant ma gynéco m’avait conseillé d’arrêter la contraception et de ne plus y penser car l’enfant ne vient pas quand on le souhaite, au contraire, on risque de se mettre la pression et cela est contreproductif. Du coup c’est ce qu’on a fait, cela a mis du temps, plus d’un an finalement, mais sans stress,et puis un 1er juin la nouvelle est tombée : j’étais enceinte. Dès que je l’ai su ça a été une évidence, une joie immense pour moi et mon mari à laquelle on ne s’attendait pas. Depuis la grossesse se passe très bien, c’est une véritable bulle de bonheur (et oui ça existe des grossesses qui sont bien vécues).

    Tout ça pas pour dire que tout le monde devrait avoir un enfant, loin de là. C’est une question à se poser en couple mais surtout, c’est de vivre à son rythme sans tenir compte de son entourage et de ce qui est attendu par la société. Le timing n’est pas le même pour tout le monde et puis peut être qu’il ne viendra jamais. Il faut se laisser vivre et ne pas se mettre la pression, dans un sens comme dans un autre.

    Carpe diem donc 🙂

  • Rozie & Colibri
    21 décembre 2016 à 11 h 49 min

    Bonjour,

    Je découvre ton blog grâce à la Une et ton témoignage a un fort échos en moi. J’ai 24 ans et je ne veux pas d’enfant. C’est encré en moi depuis que je suis toute petite et ça me troublerait vraiment si ça devait changer. Mais malgré tout, je laisse la porte ouverte parce que comme tu le dis, rien n’est définitivement acquis.
    Je ne me voyais pas non plus en robe de mariée mais là, je n’ai pas tenu bon, pour mon plus grand bonheur !
    Je n’ai pas fait de liste comme tu viens de le faire. Je suis hématophobe, donc effectivement, l’accouchement et l’état de grossesse me paniquent par avance. Mais finalement, ce n’est pas spécialement ça qui me rebute.
    Je ne me lancerai jamais dans un projet d’enfant, tant que je n’en aurais pas vraiment envie, à l’intérieur. Aussi, c’est la question que je me pose. Avec tout ça, comment se manifeste ton désir d’enfant ?
    Mon mari, je l’ai prévenu dès les premiers jours et il m’assure qu’il acceptera mon choix coute que coute. Bien sûr, je culpabilise parce que je sais que s’il en avait choisi une autre, il serait sans doute déjà Papa. Mais même si son désir et son avis comptent, je ne pourrais pas lui donner ça. Ca le rendrait heureux, mais ça me détruirait.
    Merci pour ton témoignage, en tout cas.

  • Flora
    21 décembre 2016 à 13 h 53 min

    Oh mais ça y est tu as ouvert ton blog ! J’avais cru te reconnaitre sur hellocoton il y a quelques jours mais j’étais restée sur le non aux bébés, donc je me suis dit que ça ne pouvait pas être toi ! Quelle grande nouvelle pour commencer 😀
    Toutes mes félicitations pour la grossesse et mes meilleurs vœux pour la grande aventure.

    Je comprends ta réflexion et j’en partage la conclusion. Je pense sincèrement que je pourrais vivre heureuse sans enfants même si je ne me suis jamais formalisée contre. Mon désir actuel est le résultat de celui de mon mari et d’une réflexion sur le bon moment pour faire les enfants avant que ma carrière ne prenne trop de place. Malgré l’horloge qui tourne, je n’ai toujours pas cette envie viscérale dont on entend parler et c’est tant mieux vu notre parcours 😉
    J’ai hâte d’en apprendre plus sur toi et je te souhaite un bon retour sur la blogo.
    Bises

      • Flora
        23 décembre 2016 à 9 h 13 min

        C’est tout naturel 😉
        Et félicitations pour la sélection, tu démarres sur les chapeaux de roues ! Mais pas de pression, vas y à ton rythme.
        Bonnes fêtes !

  • Marie Merry in Brittany
    21 décembre 2016 à 14 h 06 min

    Chouette article, et bien écrit, c’est agréable de te lire. Ce sont des interrogations que je comprends très bien, même si je n’ai jamais accepté le fait qu’un femme doive se justifier de ne pas vouloir d’enfants. Pourtant, moi-même j’en ai toujours voulu, sans me poser la question. Mais plus j’avançais dans ma vie « d’adulte », plus j’ai compris que les femmes qui ne voulaient pas être mères étaient jugées, et ça m’a énervée. Je suis comblée par l’arrivée de ma fille mais le fait d’être mère ne me fait pas sentir encore plus « femme » que je ne l’étais avant. J’ai hâte de lire la suite de tes aventures (j’avais vu passer tes chroniques chez Mademoiselle Dentelle mais maintenant que je suis trop « vieille mariée » je n’y vais pas aussi assidûment qu’avant) !

  • Céline
    21 décembre 2016 à 20 h 53 min

    Bonjour !
    Je ne sais pas si le principe du Liebster Award te plait, mais je t’ai tagguée avec grand intérêt ! Voici le lien vers mes questions : http://www.celine-dehors.fr/2016/12/le-liebster-deuphrosyne.html Au plaisir de mieux faire ta connaissance.
    Céline Dehors

  • Melle Avenir
    22 mai 2017 à 11 h 25 min

    Bonjour !
    Je découvre ton blog aujourd’hui et il est comme une bouffée d’oxygène pour moi.
    J’ai 33 ans et avec mon compagnon nous n’avons jamais eu l’envie d’un enfant. Mais l’âge faisant, on se pose quand même la question pour ne pas « regretter ». Les questions sont là, tournant dans ma tête en ce moment (un vrai ouragan !!). Ce qui me fait le plus peur finalement c’est la vie à trois et cette peur d’éloignement avec l’homme de ma vie (à cause de la fatigue, du travail…). Nous sommes un fraisier, il est la crème, je suis les fraises, un accord parfait !! Et je voudrais que cet enfant soit la fraise croustillante sur le dessus, celle qui embellit le tout, pas celle qui fait un trou dans la génoise …
    Merci de partager tes aventures 🙂

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