Construire sa famille quand on a pas de modèle …

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Construire sa famille quand on a pas de modèle …

On a parfois un idéal de famille. Une idée de ce que l’on voudrait avoir comme cadre de vie pour nos enfants, un espèce de fil conducteur qui nous guiderait dans l’éducation que l’on souhaite transmettre.

Quand on est tout petit, on s’imagine pleins de choses sur les adultes. Mais on a du mal à s’imaginer en tant qu’adulte. De mon côté, je n’aspirais pas à donner la vie. Parce que je n’en avais pas envie et je voulais être sûre de connaître un amour inconditionnel pour leur père. Car les enfants, quoiqu’il arrive doivent être le fruit d’une belle histoire d’amour. Pas forcément éternelle mais unique.

Donc, c’était tous ce que je savais. Le reste, je l’ai vécu plus tard, bien trop tôt à mon avis mais certains événements surviennent sans que nous soyons vraiment prêts. Oui,  j’ai eu peur que mon enfant souffre.

Parce que j’ai trop souffert… seule. Je me suis souvent retrouvée dans des situations improbables et je n’ai jamais eu vraiment quelqu’un sur qui compter jusqu’à aujourd’hui. Mes choix et mon mode de vie m’ont éloignés de mes amies et de ma famille et ce sont des liens que je ne pourrais jamais re créer.

Serais-je celle que je suis si j’avais été plus entourée ? C’est un mystère. En tous cas, il m’a fallu mettre à plat tous ce que j’avais « hérité » de mon enfance et en faire le tri.
Je ne veux pas vivre dans l’anticipation mais je ne peux pas l’éduquer sans prendre en compte mon lourd passé, il faudra juste trouver le bon équilibre. Je n’ai pas d’images de moi en tant que mère, je n’ai pas la moindre attente vis-à-vis de ce rôle. Je me laisse porter et vivre pleinement mes émotions. Je ne veux pas lui offrir une vie sans nuages : je veux juste qu’il ou elle soit prêt à traverser une zone de turbulences car cela peut durer longtemps …

Accepter d’être inachevée

C’est un fait indéniable : il y a des choses que je n’ai jamais vécu. Par exemple, je n’avais pas l’habitude de partager un repas avec mes parents tous ensemble. Nous mangions toujours seuls avec mon frère et cela nous convenait bien : on rigolait souvent. Du coup, quand j’ai rencontré mon mari il a été surpris de voir que je ne mettais pas la table et que je mangeais seule dans mon coin.

Alors on a instauré de nouvelles règles surtout avec l’arrivée de notre enfant. J’ai été de moins en moins farouche avec le temps et nous avons pu ajuster nos vécus. C’était vraiment des choses nouvelles pour moi et mon mari a aussi pris en compte mes ignorances sur certains comportements à adopter.

Je n’aime pas dire que j’ai manqué de quelque chose car je n’ai rien à combler. Je n’envie pas celles qui ont eu un papa présent et je n’ai jamais ressenti un vide par rapport à cela. J’ai surtout appris à vivre avec (ou sans). Pour moi avoir un manque c’est avoir connu quelque chose, dans mon cas je ne sais tout simplement pas ce que c’est d’avoir une cellule familiale complète alors je ne peux pas dire que cela m’a manqué. Je ne sais pas si c’est mieux oui si c’est pire : c’est mon vécu tout simplement.

En revanche, je peux souhaiter un autre schéma pour ma propre famille sans pour autant mettre tous mes espoirs là-dedans.

Faire avec ce que l’on a

Je n’ai pas tout eu mais je n’ai pas moins que les autres non plus. J’ai hérité de quelque chose de différent. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise voie dans la vie, c’est à chacun de décider ce qu’il souhaite conserver et d’en assumer les conséquences.

J’ai mis du temps à le reconnaître, j’ai mis du temps à admettre que je suis heureuse ainsi. Même si j’ai des moments à vide, même si je suis parfois à fleur de peau. On ne peut pas avoir un parcours sans embûches et il faut accepter l’ensemble. Lorsque  je regarde derrière moi encore de temps à autre car aujourd’hui il n’y a plus d’intérêt à le faire je suis contente d’être si souvent tombée et de m’être retrouvée face à moi-même pendant les moments terribles de ma vie.

Et si un jour je dois consoler mon bébé, je lui dirais certainement qu’il y a des événements auxquels nous ne pourrions pas être présents, des moments que l’on aurait voulu partager auprès des nôtres mais … parfois notre absence est préférable, le silence est louable face à des situations trop conflictuelles. Nous ne pourrons pas lui épargner toutes les peines mais c’est notre devoir l’y préparer au mieux.

 Je ne lui souhaite pas une vie sans emcombres, je lui souhaite de garder espoir car il n’y a personne qui soit né sous une mauvaise étoile, il n’y a que des gens qui ne savent pas lire le ciel.

 

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