Le bore out de maman … ce mal qu’est l’ennui au travail encore tabou …

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Le bore out de maman … ce mal qu’est l’ennui au travail encore tabou …

 

C’est un article pas si simple à écrire mais nécessaire pour moi afin de tourner définitivement la page de ses années de galère. Mon moral était clairement au plus bas avec cette situation dont je n’arrive pas à en sortir malgré tous mes efforts. Je voulais donc partager avec vous, ce vrai mal être qu’est l’ennui au travail.

Dès mon retour de vacances, je redoutais de revenir au service – dans lequel – soyons honnête je ne faisais rien. Il était hors de question que je finisse l’année ainsi dans une structure où je souffrais de bore out. Ce mal qui fait parfois rire fut redoutable pour moi à un point où je ne me reconnaissais plus. Je me sentais inutile jour après jour sans que personne ne s’en aperçoive. Un jour, j’ai dit stop et j’ai identifié ce que je ressentais afin de m’en sortir et le chemin fut très long. Alors qu’est ce que le bore out ?

 

L’ennui au travail :

Cela faisait quelques années que je ne me sentais pas très valorisée dans mon emploi. Par manque de motivation et de reconnaissance, j’ai fini par me lasser et depuis deux ans je cherchais à partir désespérément de mon service. J’étais seule sur un site délocalisé dans une ambiance plus qu’insupportable. C’était devenu un vrai calvaire de venir au boulot et ce depuis que j’étais devenue maman. Je n’ai jamais vraiment su quels étaient mes objectifs, mes missions et je n’ai jamais eu de perspectives d’évolution de carrière. Les tâches n’étant clairement pas définies, chacun se positionnait comme il le souhaitait et souvent je récoltais ce que les autres ne voulaient pas faire.

J’étais totalement transparente au sein du service. Souvent on m’oubliait pour des manifestations ou alors mon avis comptait peu du fait que j’étais sur un site délocalisé. Ce qui m’a vraiment poussé à partir c’est que l’on ne me confiait jamais de vraies responsabilités et on ne reconnaissait pas mes compétences après 10 ans dans ce domaine d’activité. Pour les projets intéressants on recrutait du monde ou c’était toujours les mêmes qui y participaient.

J’ai donc réalisé plus d’une dizaine d’entretiens dans le plus grand des secrets mais ce n’est pas si simple de muter dans la fonction publique contrairement aux apparences surtout dans mon secteur si particulier . J’ai eu à chaque fois des refus incompréhensibles car pendant l’entretien tout semblait bien se dérouler. J’en sortais à chaque fois très déçue et je commençais sérieusement à douter de mes compétences professionnelles au vue des retours négatifs.

Je ne savais pas comment formuler mon souhait de partir car je ne pouvais pas dire si franchement que je m’ennuyais au quotidien. Aussi ce qui est très handicapant car dans la fonction publique  pour toute demande de mutation il faut l’avis du supérieur hiérarchique sans savoir si tu es pris ou pas pour le poste. Et c’est d’autant plus décevant quand tu as une réponse négative et que tout le monde sait que tu veux te casser … Je vous raconte pas l’ambiance.

Le regard des autres :

Mon mari pendant cette période fut très présent mais sans parfois comprendre mon mal être. Pour lui, c’était royal de pouvoir faire ce que je voulais et de pouvoir me libérer pour notre fille et la gestion de la maison. J’étais le parfait cliché du fonctionnaire qui faisait le minimum d’heures.

Le déclic fut pendant mes vacances à la Réunion où toute ma famille me disait à quel point il était tous fière de moi. Je me suis dit fière de quoi ? Je passe mes journées sur Internet, sur YouTube ou sur les blogs. Je reçois un mail par semaine de ma responsable et la plupart du temps c’est juste « pour information ». Je fais des pauses déjeuner de 2h, parfois j’appelle mes copines sans que je sois dérangée et enfin dès que ma fille était malade je n’avais aucun souci pour aller la récupérer.  Pas une seule seconde de retard.

Non je n’avais aucun mérite puisque en toute honnêteté je ne travaillais pas de la journée.

C’est courant de dire que nous avons énormément de boulot, d’ailleurs cela porte un nom : le burn out. Mais quand on souffre d’ennui au travail, cela ne sonne pas pareil. Pourquoi se plaindre ? On a du temps pour soi, on n’a pas de pression hiérarchique, nous ne sommes pas stressés. Pour l’avoir expérimenté pendant 5 longues années je crois que c’est tout aussi pire que le burn out.

Me concernant j’ai sacrifié beaucoup de choses pour ma carrière professionnelle. J’ai fait le choix si difficile de quitter mon île natale, ma famille, le soleil, ma vie entière pour avoir un avenir meilleur. Non pas pour me demander chaque jour ce que j’allais bien pouvoir faire. J’ai souvent remis en question ma manière de travailler, ma façon d’être : sans doute étais-je trop rapide ?

Et aujourd’hui :

Grâce à une mutation interne à l’établissement depuis le début de l’année, j’ai donc intégré un nouveau service où je suis responsable et je manage une équipe au quotidien. C’est  tout nouveau pour moi et je vous avoue que lors de mon 1er jour j’ai versé ma petite larme quand j’ai ouvert mon bureau et que j’ai rencontré mon équipe.

J’étais fière d’avoir enfin ce statut et d’être enfin reconnue après toutes ses années dans l’ombre. J’ai des réunions, je suis sollicitée très souvent et à ma grande surprise j’ai toujours du temps personnel pour ma famille. Je suis enfin à ma place professionnellement. Mon départ (inattendu pour ma hiérarchie et mes collègues) a tout de même été très difficile car c’était un peu « mon bébé » ce service et j’étais la seule personne ressource. J’ai senti aussi un peu de jalousie car j’ai accédé à un poste à responsabilités si jeune dans une très grosse structure. Ils m’ont fait confiance alors qu’eux pas du tout.

Il y a eu un mois entre la réponse positive et mon départ effectif du service et ce fut les jours les plus longs de ma vie. J’étais au milieu de toutes les discussions, je ne savais pas comment me positionner et je devais faire bonne figure. Personne ne m’a demandé les raisons de mon départ alors que j’étais là depuis 6 ans tout de même. Aucun de mes supérieurs hiérarchiques m’ont dit un mot gentil sur mon travail à part quelques collègues et enseignants qui ont soulignés mon investissement auprès des étudiants malgré tout.

Je n’en ai parlé à aucun de mes collègues parce qu’en toute honnêteté j’avais clairement honte. Pour moi, ce poste ne nécessite clairement pas une personne à temps plein et les activités entre nous ne sont absolument pas bien réparties. J’étais mal à l’aise quand j’entendais dire que les autres étaient surbookés, qu’ils n’en pouvaient plus alors que moi je menais un train-train royal. Lorsque l’on dit que l’on souffre du burn out une forme de compassion se fait sentir alors que l’inverse étonne toujours. Quoi ? Tu souffres de ne pas travailler ?

Oui j’ai souffert de ne pas savoir quoi faire de mes journées, de ne pas savoir qui j’étais dans le monde professionnel. Et en sortir et tout aussi difficile car de mon côté ce n’était pas un passage mais bien mon quotidien qui heureusement à pris fin en 2018.

 

19 Commentaires
  • Amélie
    21 janvier 2019 à 10 h 03 min

    Coucou, ravie de te retrouver ! Je comprends tout à fait ce que tu exprimes, tu l’avais déjà un peu évoqué mais là on en saisit toute l’importance ! L’ennui au travail est encore mal vu, alors que les conséquences psychologiques sont aussi intenses que le trop-plein, comme tu le dis. La perte de confiance, le sentiment d’inutilité, le syndrome de l’imposteur sont des choses très dures à vivre et à partager. C’est génial que tu aies pu évoluer avant que la situation ne devienne vraiment catastrophique ! Je suis sûre que tu vas t’épanouir avec ces nouvelles missions, l’année commence avec un nouveau souffle et ça c’est une excellente nouvelle !

  • Charlotte - Enfance Joyeuse
    21 janvier 2019 à 12 h 30 min

    Je ne connaissais pas ce terme. Tu me le fais découvrir. Et je comprends que ça ait été une délicate période pour toi. Je suis ravie de lire que ça va mieux à présent. 🙂

  • valérie
    21 janvier 2019 à 12 h 59 min

    Bonjour et merci ! Que ça fait du bien de vous lire ! J’ai vécu exactement la même situation, dans la fonction publique également, auprès d’étudiants aussi, sauf que j’étais contractuelle, en attendant que le poste soit mis au concours … interne évidemment, donc auquel je ne pouvais postuler. Ca a duré 18 mois, 18 mois durant lesquels je m’ennuyais ferme, durant lesquels je jouait en Candy Crush avec l’approbation de mes supérieurs ! Déprimant, je ne servais à rien, sauf à préparer le café le matin … Et en plus je me faisais rabrouer tous les jours par les autres collègues, qui tout en ne voulant pas se décharger sur moi, me reprochaient d’être débordés … Une horreur ! dans ce cas, on remet même en cause nos compétences, donc autant dire que la recherche d’emploi maintenant est compliquée. Mais je m’accroche ! Je suis contente que vous soyez sortie d’affaire !

  • elisa
    21 janvier 2019 à 13 h 03 min

    oh comme je connais bien…et j’ai d’ailleurs connu ça dans plusieurs taffs…les heures passées sur le net et on ne sait même plus quoi regarder. et le pire c’était mon premier job parce que pendant certaines périodes c’était le rush complet tu ne pouvais même pas aller pisser ni manger, et puis pendant une autre tu bossais environ 5 min par jour, et SURTOUT ce que j’accuse c’est le présentéisme. parce que même si les responsables de certaines boites savent que tu n’as pas de taff, ben tu dois quand même rester de 9h à 18h. et le comble dans cette boite c’est qu’ils te reprochaient même de partir à l’heure et de ne pas rester un peu (alors que ça faisait 9h que je surfais sur le net et j’avais vu une saison complète de Greys Anatomy).
    En ce moment avec mon job alimentaire dans la vente c’est un peu ça…tiens depuis 10h ce matin j’ai eu 2 clients. Donc je surfe…

  • Madame Bobette
    21 janvier 2019 à 13 h 46 min

    Je suis tellement contente pour toi de lire que ton avenir professionnel a pris un nouveau tournant. Je comprends très bien ce que tu exprimes même si je ne peux pas percevoir tout ce que ça a du engendrer dans ta vie. Aujourd’hui, tu vas pouvoir t’épanouir professionnellement et personnellement. Je te le souhaite en tous cas 🙂

  • Elisa
    21 janvier 2019 à 14 h 38 min

    Je l’ai vécu à l’époque ou le bore-out n’avait pas encore de nom. Je te comprends bien. C’était mon premier job après mes études. Mes cinq années de travail acharnées pour réussir à décrocher mon diplôme étaient encore fraîches et voilà que je décroche ce poste et que je n’ai rien à faire. Tout le monde me disait que j’avais gagné le jackpot et je ne le voyais pas du tout comme ça. J’aspirais à autre chose. J’ai fait un ulcère tant la situation me pesait et j’ai finalement démissionné pour faire un stage de 3 mois à Barcelone. Probablement les plus beaux mois de ma vie.
    Bravo d’avoir su rester dans la même boîte.

  • Priscilla
    21 janvier 2019 à 14 h 47 min

    Il est super ton article. Je te souhaite de t’épanouir pleinement dans tes nouvelles tâches.

  • Picou
    21 janvier 2019 à 18 h 11 min

    Mon ancien job me laissait parfois des jours creux, mais ça restait cyclique et okus comme une agréable pause, le reste du temps étant au contraire assez chargé. Quand ça s’éternise c’est clair que ce n’est pas la même histoire et tu le décris très bien, l’ennui, la remise en cause de ses qualités professionnelles, le manque de consideration, la solitude, le paradoxe de la comparaison avec les collègues… C’est dur! Je suis ravie en tout cas que tu aies trouvé une issue positive à cette terrible situation! Hâte d’en découvrir plus en espérant que tu sois épanouie dans ton nouveau poste!

  • La boodeuse
    21 janvier 2019 à 20 h 11 min

    Je lis ton article et je me retrouve dans tes mots. J’ai eu le même souci. Ça a duré 4 ans. Les gens ne comprennent pas qu’on rejette ce confort. C’est vrai que c’est sympa parfois d’être tranquille, de partir tôt et d’avoir des congés plus que généreux mais mentalement, sur toute une année c’est difficile. J’ai des collègues en poste depuis 25 ans et qui s’en contentent. Moi j’ai changé de service et j’essaye maintenant de quitter la fonction publique, au moins un temps voir si je peux trouver un peu plus stimulant. J’espère en tout cas que tu vas t’epanouir Dans ce nouveau poste et dans ton nouveau service.

  • sophie
    21 janvier 2019 à 21 h 49 min

    Bonjour ! moi aussi je sais ce que c’est de s’ennuyer ferme au boulot. et oui, vu de l’extérieur, on te dit que c’est pas si grave, après tout t’as le salaire ! mais non. on a besoin de se sentir utile, on a besoin de faire fonctionner son cerveau ! en tout cas c’est vraiment ce que j’ai ressenti. pas de mutation pour moi, ça n’était pas possible. alors après réflexion j’ai opéré un virage à 180 degrés pour devenir coach. j’ai décidé d’aider les femmes à trouver un job qui leur plait, dans lequel elle s’éclate et qui les motive ! pour le coup, le cerveau fonctionne souvent à 200 % ! ( mais je fais attention au burn out 😉 ! en tout cas je suis ravie de lire que tu as retrouvé enfin un poste ou tu peux travailler et prendre plaisir à ce que tu fais !

  • Illyria
    21 janvier 2019 à 22 h 22 min

    C’est super que tu aies eu un poste intéressant! Mais je ne comprends pas pourquoi tu n’as pas voulu des problèmes de ton poste, c’est le problème de l’employeur si tu n’as rien à faire non? Il n »y a pas à avoir honte, ce n’est pas ta faute si tu n’avais pas assez de travail ni de responsabilités. J’ai pas trop compris le problème ^^

    • Illyria
      21 janvier 2019 à 22 h 23 min

      Je ne comprends pas pourquoi tu n’as pas voulu parler *

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