18 mois après bébé … ce qu’il reste de maman : mon bilan sans tabou !

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18 mois après bébé … ce qu’il reste de maman : mon bilan sans tabou !

Vous me connaissez suffisamment pour savoir que je ne suis pas du genre à écrire que la maternité c’est toujours rose. Être mère c’est dur aussi, c’est stressant et perturbant ! Nous ne sommes pas dans un monde de bisounours permanent et loin de moi l’idée de partager que les moments de bonheur que nous vivons avec nos enfants.

Oui j’aime ma fille d’un amour indescriptible et infini. Oui, chaque jour auprès d’elle est un cadeau  mais non le quotidien depuis 18 mois n’est pas simple et c’est ce que je souhaite aborder aujourd’hui : que reste-il de moi depuis sa naissance ?

Épuisée je suis :

Autant physiquement que mentalement. Je n’aurai jamais pensé atteindre un état de fatigue si profond. On lit souvent surtout en ce moment avec l’essor de la parentalité positive des billets sur le bonheur d’avoir des enfants et la joie que cela nous apporte. Mais cet épuisement permanent on en parle surtout les premiers mois ?

J’ai atteint un poids que je n’avais jamais vu sur la balance : 47 kgs. Je n’ai pas fait attention mais je ne mangeais plus correctement : je picorais. Entre deux biberons, deux siestes, deux machines et deux courses. Je prenais rarement de pause pour me nourrir pensant tenir le coup et y revenir plus tard sauf que je n’y revenais jamais …

On entend de plus en plus le terme de « surcharge mentale » et c’est exactement cela que j’ai vécu lors des premiers mois avec bébé. Je ne savais plus où donner de la tête, sans forcément tomber dans le baby blues ou une dépression postpartum, j’étais juste au bout de ma vie. Je me suis laissée porter au rythme de ma fille sans avoir vraiment le choix finalement puisqu’elle n’avait que moi. Ce sentiment où j’étais son seul repère m’a énormément perturbé sur le coup et j’ai dû apprendre à composer avec.

Triste profondément je l’ai été :

Comme tu as pu le lire ici, j’ai vécu une zone de turbulences lors de cette période. J’ai beaucoup souffert de cette solitude amicale et familiale car je n’étais pas très entourée sauf par mon mari. Il ne pouvait pas forcément m’aider sur cette fatigue émotionnelle. Nos vacances à la Réunion sont tombés à pic : je ne pouvais plus faire semblant avec mon entourage il fallait changer d’air.

Je n’ai pas compté les jours où j’ai été désemparée avec un bébé qui hurlait dans mes bras sans que je ne puisse l’apaiser. Quel sentiment d’impuissance et se dire que finalement on fait déjà tout il faut juste patienter … J’aurai voulu que l’on me propose une sortie pour m’aérer, de garder ma fille quelques heures pour que je puisse me reposer à la maison (sans forcément être dehors pour avoir la paix). Cette pression parfois de toujours devoir paraître heureuse d’avoir donné la vie me pesait tellement ! Je me rappelle de la réaction de ma belle-mère quand je lui disais que pour moi rester 5 semaines non stop avec ma fille c’était parfois fatiguant … J’ai eu l’impression d’être une mère indigne qui préférait aller se faire épiler (c’est un peu vrai) plutôt que jouer avec des Playmobil. Comme si je ne pouvais pas dire que j’en avais marre parfois d’être mère.

Si c’est possible d’en avoir ras le bol, d’être triste non pas d’avoir des enfants mais de gérer des situations annexes qu’implique le rôle de mère.

Confiante en l’avenir je le serai :

Depuis que ma fille a passé le cap des 12 mois : je revis. Pour la première fois depuis sa naissance, j’ai envie de mettre pause sur sa petite bouille qui marche, parle et mange toute seule. Vous savez que j’ai eu énormément de mal à gérer ses pleurs, son refus de lait, son rythme pourri : j’étais au fond du trou. On ne m’y reprendra clairement plus !

J’ai compris qu’il fallait qu’elle trouve ses marques, ses repères et que bien évidemment il faut du temps pour cela. Tout le monde me disait que cela fini par passer, c’est vrai mais toutes les mamans vous le diront quand on est fatigué on aimerait toutes une solution immédiate (et efficace si possible). Je n’ai jamais accusé ma fille parce que c’est un bébé innocent (quoique) et je n’ai pas forcément tout évalué ! Cette part d’inconnue est importante dans la maternité, on ne prévoit jamais le tempérament de l’enfant que l’on va avoir. J’étais prête pour la crise d’ado, la révolte mais absolument pas pour les pleurs du soir. Franchement, je ne savais pas que l’on pouvait pleurer pour se décharger à 3 jours de vie.

Je gère mieux ses larmes, sa petite phase d’opposition pas si extraordinaire (je vous en parle très prochainement) et son état général. C’est une période que j’aime beaucoup, elle est encore très (trop) attachée à moi et j’adore comme toujours la porter toute la journée.
Je profite à présent d’elle sans parasites physiologiques (c’est joli hein ?) et sans étape obligatoire à franchir.

Ce qui m’a permis d’avancer sereinement c’est le fait d’avoir toujours pensé à moi. J’ai tenu à reprendre mon rythme habituel, mes sorties et ma routine. Je n’ai pour l’instant rien mis de côté parce que je suis devenue mère et cela n’arrivera pas. Ma fille est bien entendu l’une de mes priorités mais pas la seule. Je ne prendrai pas une décision que pour son bien être exclusif mais aussi pour le mien. Je n’ai jamais été une mère qui pourrait consacrer tout son temps pour son enfant sans critiquer celles qui le font brillamment mais je connais mes limites, mes possibilités et je ne m’aventure pas là où je ne me sens pas bien. Pas moi.

J’ai survécu à ses 18 mois, cette étape « bébé » que je redoutais tant et elle ne m’a pas épargné. J’ai vraiment vécu tous ce que je redoutais, tous ce que j’appréhendais je l’ai pris en pleine  figure sans ménagement. Aujourd’hui c’est différent puisque je la connais ma fille, je reconnais ses besoins et ses envies : c’est tellement plus simple que les premiers jours où je tâtonnais. Certes c’est un passage obligé mais nous ne le vivons pas de la même manière et dans mon cas où ce rôle de mère a soulevé beaucoup de questions, les émotions ont été multipliés. 

J’en suis sortie avec quelques égratignures : la mission continue cap à présent sur les 24 mois déjà !

8 Commentaires
  • Soa
    25 septembre 2018 à 10 h 24 min

    Comme je te comprends ! Moi aussi, je suis de celles qui pense qu’il faut parler de la maternité avec réalisme : avoir des enfants c’est le plus beau cadeau que le monde puisse nous offrir, mais le quotidien est loin d’être toujours rose ! J’aime les articles sans tabou et sans langue de bois sur la maternité ;-). Bises.

  • Charlotte - Enfance Joyeuse
    25 septembre 2018 à 10 h 59 min

    Un article sans filtre ! Merci pour cela !
    Bonne continuation !!!
    A bientôt,
    Charlotte.

  • petitsruisseauxgrandesrivieres
    26 septembre 2018 à 9 h 59 min

    Je te comprends totalement ! Maintenant on dit à demi-mots aux mères que comme leur enfant est désiré, elles ne doivent pas se plaindre. Mais vivre avec un nouveau-né, c’est épuisant, déroutant, angoissant. Rester toute la journée avec un petit à la maison, non, ce n’est pas forcément épanouissant. Il y a plein de mamans (dont moi) qui ressentent cela, tu n’es pas la seule et de loin ! Et puis maintenant que les familles sont géographiquement très éclatées, les jeunes mamans se retrouvent très seules. Ce n’est pas du tout facile. Courage, tu tiens le bon bout !

  • Nanakie
    26 septembre 2018 à 20 h 07 min

    très joli bilan ! je me reconnais dans certains points, je n’ai pas connu certains autres, mais je suis d’accord avec cet extraordinaire (sur tous les plans!) parcours qu’est la parentalité ! Et surtout aussi, sur ce nouveau souffle qu’est la période 12-18 mois (en plein dedans pour ma part).

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