Arrêtons de culpabiliser avec la parentalité positive !

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Arrêtons de culpabiliser avec la parentalité positive !

J’aimerai d’abord faire une mise au point : je ne suis ni pour ni contre la parentalité positive. J’essaie de faire des choix tournés vers la bienveillance pour ma fille et j’assume les fois où ma réaction n’a rien de constructif. J’ai écrit des articles sur ce que je suis en tant que mère ici et ici. Ce que j’ai envie de partager aujourd’hui c’est plutôt le ton que prend parfois les articles sur ce thème et l’engouement autour de ce choix d’éducation ses derniers mois. Il est évident que nous voulons tous élever nos enfants dans un environnement sain baigné dans l’amour le plus possible.

Pour ma part, il y a le fossé de la culture que j’ai déjà évoqué ici, qui joue un rôle plus que prédominant car à la Réunion peu de familles pratiquent et connaissent la parentalité positive. Je m’en suis encore rendue compte en vacances, l’éducation « à la dure » est profondément ancrée dans les mœurs. Qui suis-je alors pour juger leurs choix ? Puis-je affirmer que leurs enfants seront des tordus plus tard parce que leurs parents – mes amies – n’ont pas été à l’écoute de leurs émotions ? J’étais curieuse de voir ce qu’était cette vague de communication bienveillante et quels en sont les apports au sein d’une famille.

J’ai donc participé à l’atelier des parents organisé par la crèche de ma fille et financé par la CAF. Il y avait en tout 10 rencontres une fois par semaine et nous étions en tout une dizaine de parents. Je voulais avant tout échanger avec d’autres personnes, faire connaissance et profiter de ses deux heures « no kids ». Sauf que c’était plutôt un moment d’échanges sur les difficultés, les solutions face à des situations parfois sans issues  avec leurs enfants. Je ne me suis pas sentie bien tout le temps et pas prête à me dévoiler si rapidement. Alors convaincue ou pas ?

Il n’y a pas forcément de solution

Lorsque j’ai commencé les ateliers ma fille avait 11 mois et autant dire que ma vie c’était le monde des bisounours par rapport à ce que je pouvais entendre de la part des autres parents. Pour moi, chaque étape de son développement est normal sauf avis médical et j’essaie de ne pas m’affoler si il n’y a pas lieu d’être. J’ai choisi mes combats dès le début pour éviter de crier inutilement et de perdre un temps fou pour des futilités. J’organise mon quotidien au millimètre près en me laissant une marge pour les imprévus mais globalement j’essaie d’avoir l’œil surtout avec bébé. Je lui laisse son autonomie sur certaines choses au vue de son jeune âge et je l’aide si besoin pour d’autres évidemment. Il y a des événements pour lesquels ma patience est de rigueur car il n’y a rien d’autre à faire comme lorsqu’elle n’a pas faim ou qu’elle fait la folle avant de se coucher. Si cela ne perdure pas, je ne mets rien de spécial en place. Je ne juge absolument pas les familles qui préfère trouver les « causes », moi cela dépend de ce qu’elle a tout simplement !

Il n’y a pas forcément de sens

Dans la vie il y a des jours sans et des jours avec et ce bien que nous ayons rien demandé. Comme les adultes, il arrive que notre enfant soit grognon, pas de bonne humeur sans que forcément cela fasse écho au terrible two ou autre phase de son développement. Je ne minimise pas toutes les étapes nécessaires et je reste attentive ce que je veux dire c’est qu’il arrive que l’on doit faire face à une crise isolée sans que cela s’ancre dans notre quotidien.

Je ne cherche pas forcément à mettre un nom à ce que nous vivons c’est parfois le tempérament de l’enfant. Comme je pouvais l’entendre en atelier une maman qui demandait si c’était « normal » que son enfant la collait un peu trop à 3 ans : j’ai une petite fille plus que collante pourtant je n’ai rien fait pour. Je lui réserve des moments rien qu’à elle et je lui explique quand je ne peux pas la prendre car je suis occupée et cela ne fait pas d’elle un bébé BABI. Je pense que chaque parent à son seuil de tolérance et ce qui est difficile pour l’un ne l’est pas pour l’autre. La porter ne m’a clairement jamais dérangé or la nourrir fut pour moi le parcours du combattant.

Nous ne sommes pas forcément des mauvais parents

Si demain on élève la voix ou on donne un Happy Meal à notre enfant : nous ne sommes pas des monstres non plus ! Je me souviens de certains parents qui culpabilisaient de faire regarder la télé quelques minutes par jour ou encore qui regrettaient d’avoir crier pour que leurs enfants aillent au lit. Nos choix éducatifs nous appartiennent et nous en assumons la responsabilité. Je pense qu’il faut rester soi-même tout en sachant se remettre en question quand une crise s’installe.

L’éducation positive n’est pas une loi, une obligation imposées aux famille, il ne faut pas jeter la pierre à ceux qui ne la choisisse pas au quotidien. Nous ne connaissons ni la vie des uns ni celle des autres pour émettre un quelconque avis. Aussi, il me semble nécessaire de non seulement s’adapter à son enfant mais aussi à sa situation qui est en perpétuelle évolution. Me concernant, je me suis longuement interrogée sur ce que je souhaitais transmettre et les points où je serai plus cool. Je n’ai pas opté pour un mode d’éducation mais plutôt pour des valeurs, une manière de voir la vie que je souhaite faire découvrir à ma fille. Libre à elle d’être réceptive ou pas et à moi de réajuster en fonction. Arrêtons d’avoir parfois un discours accusateur et pour le coup pas du tout bienveillant envers les parents qui ne sont pas 100 % positif dans leur manière d’éduquer leurs enfants. Certains peuvent assez fragilisés et ce que vous jugez complètement sortis de son contexte, accentue cette culpabilité.

4 Commentaires
  • Charlotte - Enfance Joyeuse
    31 août 2018 à 9 h 53 min

    Je suis bien d’accord sur le fait qu’on ne peut pas toujours être parfait et que c’est ça aussi être humain. Et que c’est pas pour autant que la personne est un mauvais parent. Et que c’est pas pour autant qu’on doit la juger. Chacun fait de son mieux. Merci pour cet article.

  • Soa
    31 août 2018 à 9 h 59 min

    C’est vrai, il n’y a pas de solutions ni de recettes toutes faites, il y a juste autant de formes d’éducation qu’il y a de parents. Comme toi, je n’aime pas les articles et les discours péremptoires, culpabilisants et qui jugent à l’emporte-pièce. Chaque parent qui aime son(es) enfant(s) est forcément bienveillant dans ses choix, son orientation éducative, etc.

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