Tu seras mon premier et mon dernier enfant

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Tu seras mon premier et mon dernier enfant

Je l’ai toujours dit si j’en venais à remettre en question ma décision de devenir mère : je donnerai la vie qu’une seule fois. Parce que c’est l’équilibre que je voulais atteindre et que je n’ai pas le cœur à élever une grande fratrie.

Cela ne fait clairement pas partie de mes aspirations et ce depuis toujours car j’ai su très jeune mes limites au niveau de la maternité. J’ai envisagé cette grossesse comme une expérience unique, surprenante et je savoure chaque instant en sachant pertinemment que je ne revivrai pas cet état.

Comme à mon habitude, j’ai fait un véritable travail sur moi-même et surtout je suis en accord avec cette décision et saurai l’expliquer à mon enfant si il me demandait pourquoi nous n’avons pas souhaité en avoir plusieurs.

Je ne veux pas en faire deux parce-que-c’est-la-norme ou encore pour qu’il ne soit pas seul. La solitude est un trait de personnalité pas un état inné en étant enfant unique. Pour ce qui du fait qu’il sera pourri gâté cela relève de l’éducation que nous allons lui transmettre.

On a tous grandi avec son « idéal » familial : moi je n’avais rien de bien précis. J’ai préféré laisser se construire petit à petit cette idée de la famille dans ma tête avec ce que j’ai vécu tout en prenant  de la distance et attendre aussi l’homme avec lequel j’allais faire ma vie pour en discuter. Je n’ai pas la sensation de lui imposer quoique ce soit puisque nous partageons la même vision. C’est même lui qui m’a dit la famille cela comme à partir de deux personnes.

J’ai mal vécu ma place d’aînée

Cela va peut-être te paraître bizarre mais les parents quand ils prennent la décision d’avoir un autre enfant : ils demandent rarement l’avis au premier et ils n’ont pas à le faire non plus. J’ai été contente d’avoir mon frère mais pas d’avoir les responsabilités qui sont venues avec.

Pendant une bonne partie de ma vie, j’ai donné l’exemple. Parce que c’était mon rôle, ma mission et j’ai fait de mon mieux. J’ai été obéissante, parfois rebelle mais j’avais toujours cette idée que quelqu’un m’observait et pouvait reproduire la même chose. Il s’avère que mon frère a fait ses propres choix et il m’a toujours reproché d’avoir été « la fille parfaite » alors que lui il ne l’était pas selon ses dires..

C’est à cet instant, dans ce tourbillon de reproches que j’ai décidé de vivre comme je l’entends et non plus en pensant à mon statut de « première ». Cela a été pour moi un rôle très pesant, je n’ai pas une complicité débordante avec mon frère et nous n’avons jamais réussi à nous défaire de cela. J’ai été un peu la deuxième maman et encore aujourd’hui j’ai la sensation d’être passée à côté de notre relation. Il a pour moi un profond respect mais je ne suis pas la personne dont il est la plus proche.

Je ne souhaite pas que mon enfant ressente un poids quelconque au sein de notre foyer. C’est une personne à part entière, libre de ses choix et qui ne me devra rien. Il n’aura pas à prendre des décisions pour me faire plaisir, c’est pour lui avant tout et il devra les assumer pleinement.

J’ai envie d’offrir une éducation assez bienveillante à mon enfant et surtout lui transmettre autre chose que mon « patrimoine génétique » où tout n’est pas à prendre. Je ne souhaite pas que mon vécu influence totalement ma vision de la vie mais j’aimerai aussi m’en servir.

 

 

Je n’ai pas vraiment le sens de la famille

Je n’ai pas de relation avec mon père, oncles, tantes ou encore cousins que ce soit du côté paternel ou maternel. Quand je vais en vacances à la Réunion, je suis toujours chez mes amis rarement chez la famille. J’appelle et je donne jamais de nouvelles parce que mes proches sont tous éclatés. J’ai grandi dans les disputes, la jalousie et aussi la violence. J’ai été au premier plan très jeune, je crois que je suis celle qui connaît le plus de secrets de famille tellement j’en ai vu de toutes les couleurs.

Mais paradoxalement, la famille est pour moi un noyau important avec certaines limites. Je ne vais pas aller vers ceux qui ne me fréquentent pas sous prétexte que nous avons le même sang. Quand une relation amicale ou familiale ne nous apporte rien, il faut être en mesure de s’en détacher pour notre bien. Nous ne sommes pas obligés de supporter des comportements négatifs parce que cette personne fait partie de notre famille.

Même si je n’ai pas réellement d’ami(e)s, je pense que l’on peut choisir ceux qui nous entoure et nous tire vers le haut. Conserver un semblant de cercle familial hypocrite cela ne sert strictement à rien et ne fait que nous ronger au fil du temps. Je reste très respectueuse et polie mais je ne vais pas au-delà d’une relation non réciproque.

Je suis comblée ainsi

Je préfère de loin un bon équilibre à trois que quelque chose de bancale à plusieurs. Avec mon mari, nous sommes tout à fait d’accord sur ce point et nous n’avons pas eu à débattre très longtemps. Nous réalisons déjà la chance d’avoir pu mettre en route cet enfant sans trop de difficultés, de pouvoir l’accueillir dans de bonnes conditions tout en conservant notre rythme de vie.

Ma mère s’est beaucoup sacrifiée pour nous et j’ai toujours trouvé cela dommage. J’aurai voulu qu’elle refasse sa vie, lorsqu’elle prenait soin d’elle pour sortir ou s’amuser : j’étais heureuse. J’ai aimé ses années où elle était toujours apprêtée et disposée à faire la fête après la rupture avec mon père. Et puis petit à petit, les sacrifices sont revenus et pour moi il en était hors de question de reproduire ce schéma.

Je vais devenir mère mais je reste une femme à part entière et je ne suis pas contre de faire des aménagements mais pas de faire des choix qui ne sont pas confortables pour moi. Je ferai les choses parce que j’en ai envie et mes erreurs seront les résultats de mes propres décisions.
Si je réduis mon rythme de travail pour pouvoir passer du temps avec mon enfant c’est avant tout parce que cela me ferait plaisir et non pas parce que c’est une norme de ralentir après l’arrivée d’un bébé. Tout comme me maquiller ou m’habiller : je ne ferai qu’adapter mon planning mais je n’abandonnerai rien.

Ce désir d’enfant unique a fait autant débat que mon non désir d’enfant. C’est fou, cette idée que l’on a de dire que nous sommes une famille qu’à partir de deux enfants. Il ne manquera rien si j’en ai qu’un, je ne serai pas triste et encore moins incomplète. Je n’ai pas de deuil quelconque à faire puisque je n’ai jamais envisagé ce deuxième enfant et je n’ai pas à me justifier car ce n’est ni un bon, ni un mauvais choix : c’est le mien, le nôtre tout simplement et je demande que l’on respecte sans préjugés et dans le respect.

 

11 Commentaires
  • Emma June
    10 janvier 2017 à 13 h 51 min

    J’aime beaucoup tes mots qui me résonnent en moi et que je partage.
    Tout comme toi, maman d’unique (et heureuse de l’être) c’est un choix qui nous appartient et pourtant, les gens ont toujours quelque chose à dire…Pourtant, je trouve que donner la vie est une décision assez importante pour ne pas devoir être liée à une norme ou des « on dit ».

  • Rozie
    10 janvier 2017 à 14 h 01 min

    Ce choix vous appartient, qu’importe ce que dicte la société.
    Ce qu’un enfant unique n’apprendra pas avec ses frères et soeurs, il aura l’occasion de l’apprendre ailleurs.
    Soyez heureux à trois.
    Et tu as tout à fait raison, une famille, ça commence à deux !

  • Corentine
    10 janvier 2017 à 16 h 12 min

    Très bel article, sincère et transparent. Même si pour ma part il m’est impensable de n’avoir qu’un seul enfant, je trouve ton explication cohérente et profondément réfléchie, et, j’ai envie de dire, c’est l’essentiel. Ne t’occupe pas de ceux qui trouveront à redire, il y en aura toujours pour savoir mieux que toi ce que tu dois faire 🙂

  • Anne
    10 janvier 2017 à 18 h 44 min

    Attends-toi à ce que la question revienne souvent après la naissance du 1er…

  • Flora
    12 janvier 2017 à 13 h 54 min

    Ton raisonnement se tient et je le respecte, mais comme dirait mon neveu : »il ne faut jamais dire fontaine  » ^^
    En tout cas si tu es comblée, je ne vois pas l’intérêt d’aller chercher plus loin. 🙂

  • Et dans ces mots
    27 avril 2017 à 21 h 41 min

    C’est fou parce que je me retrouve dans ton vécu, dans mon ressenti de certaines choses (notamment le rôle d’ainé et le rapport à la famille). Et pourtant, j’aimerai avoir deux enfants. Une fille et un garçon idéalement, parce que je pense que ce sont des expériences différentes. Je voudrais créer cette famille que je n’ai pas eu et donner la chance à deux enfants d’être proches contrairement à mes frères et soeur. Et puis aussi peut-être parce que j’ai envie d’aimer toujours plus.
    Alors je crois qu’un seul me frustrerai un peu.

    Mais pas plus. Parce que je veux les combler, leur donner tout ce dont ils ont besoin que ce soit financièrement mais aussi en terme d’attention, de temps, etc.

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