Que me reste-il de mon premier amour ?

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Que me reste-il de mon premier amour ?

J’ai énormément écrit sur l’amour et les relations amoureuses sur divers blogs. Non pas que je suis une experte mais ce fut mon sujet d’étude puisque j’ai été en fac de psychologie plus précisément en développement et systéme d’attachement de l’être humain.

Mon sujet de mémoire était « le prince charmant : mythe ou réalité ? ». Oui, j’ai voulu savoir si rencontrer LA personne était réellement possible, quels en sont les signes concrets et surtout pourquoi se trompe-t-on si souvent ?

Oui, j’ai voulu savoir ce qui nous brisait le coeur et qui nous faisait finalement douter sur l’amour par la suite.

Le rôle de la première fois est primordial – parfois si on a beaucoup de chance ce sera l’unique – selon les séquelles, nous n’avons plus la même vision des choses et pouvons passer à côté d’une belle histoire. J’ai écrit maintes et maintes fois sur la souffrance, l’abandon ou encore sur le temps que l’on met à se remettre. Mais, je n’ai jamais su dire ce que ce fameux premier amour m’a apporté de positif parce qu’il y a toujours du bon au delà des blessures.

La mienne fut un véritable périple fait de sacrifices, de choix, de non-dit et surtout énormément d’amour … non-réciproque. Je ne saurai dire si il m’a réellement aimé, si il était amoureux de moi en tout cas je n’en ai jamais eu la preuve en 4 ans de relation décousue. Toujours est-il que j’en suis sortie différente, c’était comme si je m’étais réveillée d’un long rêve avec une fin lamentable. Je n’ai pas grandi, je n’ai pas mûri : j’ai été anéantie. Cela m’a pris 5 ans. Cinq longues années pour guérir de cette déception et ainsi pouvoir avancer . Il y a quelques jours une lectrice m’a demandé si on pouvait garder le meilleur quand on a beaucoup souffert dans une relation, il est donc temps de dresser les bons aspects de l’avoir perdu.

Avoir confiance en moi

Je n’étais pas le genre d’adolescente très fêtarde. J’avais cette étiquette de première de la classe, j’étais déléguée en plus, je venais en cours même malade à en crever. Jamais je n’ai séché un seul cours et les garçons passaient au second plan. Au début, je n’ai pas compris ce que V. me trouvait et j’ai aimé immédiatement cette façon qu’il avait de me regarder. On n’oublie jamais cette première fois, ces premiers sentiments, ces premières sensations inédites, je suis tombée instantanément sous son charme.

C’est l’unique personne qui a lu chacun de mes écrits, de mes poémes et qui m’a toujours encouragé à les faire lire à d’autre. Je n’ai jamais autant écrit de ma vie pour quelqu’un, à chaque fois qu’il allait mal : je pouvais lui faire parvenir des lignes et des lignes pour le consoler. Il m’a révélé au grand jour, m’a permis de me surpasser, de donner le meilleur de moi-même chaque jour.

Il connaissait ma situation à l’époque si fragile et a toujours accepté mes silences sans poser de questions indélicates. J’appréciais sa discrétion et sa manière de me faire vivre intensément cette parenthèse enchantée mais tumultueuse.

Être moins narcissique

Un de mes plus grand défaut sans aucun doute est mon égocentrisme. Oui je m’aime, je m’adore, prendre soin de moi reste une priorité. Néanmoins, j’ai fait pas mal d’efforts depuis que je suis mariée et récemment maman (j’ai fait les soldes pour ma fille avant moi ce n’est pas mal non ?). Mais, on ne change pas totalement et puis ce ne serait pas moi de toute façon sans tout mon attirail. Cette première relation, m’a permis de faire les magasins pour une autre personne que moi !

Sérieusement, j’ai appris à lâcher prise sur mon apparence sans pour autant être négligée, juste en passant moins de temps à m’admirer. J’ai essayé de dépasser ce côté superficiel et d’accepter que je ne pouvais pas être tout le temps coordonnée (mais toujours coiffée !).

Ce fut un vrai challenge pour moi et V. m’a toujours soufflé que j’étais belle en toute circonstance même si j’oubliais mon eye-liner (cela n’est jamais arrivé, je vous rassure !).

Reconnaître ma part de responsabilité

À l’époque, j’étais au lycée puis à la fac et j’avais encore ma bande de copines. Tout le monde savait que V. était MA grande histoire d’amour mais personne ne savait à quel point cela me rongeait jour après jour à ne pas savoir où cela me ménerait. Quand il m’a quitté pour la seconde fois, c’était un 1er avril. Une soirée cauchemardesque, j’étais seule dans mon studio d’étudiante à La Réunion, je n’ai pas eu la force d’appeler qui que ce soit. C’était sans hésiter la pire des rupture que j’ai vécu (et j’en ai vécu des séparations). J’avais l’impression que mon coeur avait cesser de battre mais il était juste brisé. Totalement brisé. Pour moi, j’étais la gentille de l’histoire, d’ailleurs tout mon entourage et le sien n’ont cessé de me le répèter.

Et puis un soir, on discutait quelques semaines après notre rupture il me dit avec le plus grand des sérieux : « je ne t’ai jamais demandé de revenir à La Réunion pour moi, tu as tout fait pour notre histoire mais il m’a manqué l’essentiel ». C’était vrai. J’ai oublié l’essentiel. Je pensais naïvement que l’amour suffisait, que donner tout me permettrait de le garder auprès de moi. C’est l’un des pires sentiments de savoir que l’on a fait de son mieux, mais que tout cela n’a pas été suffisant. C’est comme ça que petit à petit j’ai arrêté de prendre les choses en main. J’ai laissé les évènements arriver sans prise de tête, je n’ai jamais plus lutter contre l’évidence qu’elle soit positive ou négative.

La seule chose que j’ai conservé c’est une photo de lui. Parce que je me suis toujours que dit si mon enfant venait à avoir le coeur en miettes je pourrai lui dire que le chagrin amoureux est l’une des éprouvantes blessures que nous ayons à combattre car il doit être vaincu seul, et surtout dans le plus grand des silences. Cette photo prouve que j’y suis parvenue et cela m’a finalement mené vers la stabilité, vers son père puis elle aujourd’hui. Je ne l’ai jamais détesté, j’ai respecté ses sentiments et ses émotions, j’ai pris le parti après de longues années de ne plus entretenir cette souffrance si pesante.

Et 12 ans après ce qu’il me reste de cette histoire c’est un doux souvenir, une reconnaissance infinie car nous avons chacun de notre côté trouvé notre essentiel.

4 Commentaires
  • Et dans ces mots
    9 mai 2017 à 22 h 26 min

    On oublie parfois que toutes les histoires, mêmes les pires, nous ont apporté quelque chose. Personnellement, même si je ne supporte plus mon ex, que je le vomit et que je ne pourrais jamais retomber amoureuse de lui ou même être amie avec lui…. Bah je l’ai aimé, on a vécu une belle histoire et il m’a apporté beaucoup de choses.

  • Pititefleur
    10 mai 2017 à 14 h 30 min

    Je te lis, et j’ai l’impression que j’aurais pu écrire ces mots moi aussi !
    Je me retrouve tellement dans tes mots. J’ai mis longtemps à m’en remettre mais aujourd’hui je ne serais pas où j’en suis sans tout ça ! Cela m’a rendu plus forte ! Et cela m’a conduit vers le meilleur dès mari et bientôt papa !

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